Qu'est-ce que la dépendance aux opioïdes
Depuis la nuit des temps, les humains connaissent certaines propriétés pharmacologiques des opioïdes et en font usage à des fins médicinales ou récréatives. À titre d’exemple, l’usage d’opion, qui signifie littéralement « jus de pavot », est rapporté dans la Grèce Antique.
De nos jours, il existe un large consensus distinguant trois types d’usage d’opioïdes dans un contexte non thérapeutique, à savoir :
- l’usage récréatif non problématique
- l’usage nocif ou l’abus
- la dépendance
En effet, les recherches et expériences cliniques des 30 dernières années ont clairement démontré que la majorité des personnes exposés aux opioïdes, même de façon prolongée, n’éprouvaient pas de difficultés particulières à en cesser l’usage. Malgré cela, une partie de la population s’autoadministrant de façon prolongée des opioïdes (entre 10 et 20%) développe une dépendance physique et psychologique de forte intensité.
Selon Barbeau, Brabant et Lauzon, la dépendance aux drogues peut être définie comme une maladie du cerveau, induite par l’utilisation répétée de drogue chez un individu prédisposé. Il s’agit d’une maladie chronique dont le cours habituel est constitué de périodes de consommation plus ou moins contrôlées, de périodes d’abstinence et de nombreuses rechutes. Ces auteurs soulignent que la dépendance aux drogues n’est pas exclusivement déterminée par des facteurs d’ordre biologique, même si ceux-ci semblent jouer un rôle déterminant dans la dépendance. En effet, la dépendance aux drogues est un phénomène biopsychosocial complexe résultant d’une série de rencontres, dans des contextes donnés et échelonnés dans le temps, entre un individu et une substance psychotrope.
Bien que l’administration prolongée d’opioïdes exogènes ne pose pas de problèmes particuliers en termes de neurotoxicité, la dépendance aux opioïdes est à l’origine d’effets délétères tant sur le plan physique, psychologique que social, et ce, tout particulièrement dans un contexte légal de prohibition.
En résumé
Il existe aujourd’hui un large consensus définissant la dépendance comme une maladie neurobiologique dont le développement et les manifestations sont influencés par divers facteurs d’origines biologiques, psychologiques et sociaux. Il est par ailleurs largement reconnu que cette condition présente d’importantes variations interindividuelles et nécessite un traitement individualisé.
Source
Barbeau, D. ; Brabant, M. ; Lauzon, P. ; Les mécanismes biologiques intervenants dans la dépendance et ses traitements pharmacologiques ; dans Brisson, P. ; L’usage des drogues et la toxicomanie, Volume III ; Gaétan Morin éditeur, 2000
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